Echo.

Ca pue le déjà vu, déjà lu, trop su, qu'y puis-je, puisque ce sont des mots qui me bourlinguent et me cognent jusqu'à ce que je les sortent. Un bon psy, Hermine, puisqu'à seize ans paraît qu'on est au maximum de ses capacités et que si c'est ça tes capacitées excuse-moi mais j'te conseille la fenêtre du deuxième étage, et la tête la première. Un bon psy, ouais, ça risque d'être encore pire et tu le sais, un certain temps du moins, t'as un peu trop l'habitude, depuis le temps que ça dure, sauf que ç'te fois tu t'enfuira pas au milieu, non, tu continuera, jusqu'à ce que ça aille, puisque ça doit aller, puisque ça va aller, puisque ça ne peut qu'aller, bordel, il faut que ça aille, et merde, ça ira bordel. Non, il pleut pas Hermine, non, t'façon t'as pété les essuis-glaces, puis quand c'est Deftones qui chiale tu sais très bien que t'as rien à foutre, que la boucler et essayer d'arrêter de vibrer. Ca ira, bordel. Comment ça t'as peur ? Non t'as pas peur, oh, tu t'fous de ma gueule ! Non non c'est pas une question, tu te fous de ma gueule, point. Puisque j'te dis que ça va. Alors si tu le dis... Parce-qu'il faut de la propagande un peu partout dans ma tête, sortez les banderoles, non, pas la camisole, j'veux que tous ces trous du cul de neurones me martellent de TOUT VA BIEN, j'veux des JE T'AIME qui sonnent pas le glas sur mon vide sentimental, j'veux des fleurs et des oiseaux qui me relèvent les yeux vers le soleil sans les brûler, allez les neurones, allez bande d'enfoirés, c'est bien vous qui me foutez dans la merde à me laisser trop réfléchir, que je sache, allez connards, saloperie de charognards d'mon cul, TOUT VA BIEN, allez, allez, s'il vous plaît... Calme toi vieille conne, oui pasque t'es tellement gamine qu'on dirait déjà une ado sénile. Calme toi, bouffre de foutue dégénérée, tu vas arrêter Deftones oui ? Putain, c'est quand que t'arrêtes d'être lucide un peu, bordel de merde, on aurait pas pu rêver mieux tiens, salope, salope, tu sais que j'te hais toi, pétasse de conscience ?


Et bon dieu de merde t'as pas fini un peu de t'empoisonner non ? Va vider ce café dans l'évier, écrase ce mégot, casse tous les cendriers, allez, des coups de pieds au cul ouais. Comme si j'y avais cru une seconde.


Pix : Transylvania
Echo.

# Online seit Samstag, 07. Juli, 2007 um 06:14

Geändert am Donnerstag, 18. Oktober, 2007 um 10:41

Bon, j'ai toujours eu du mal avec ses films, mais si quelqu'un m'a jamais laissée le cul par terre, les quatre fers en l'air, le panneau "Ici bouchée monumentale" flanqué sur ma gueule d'ahurie c'est bien lui.

"Il faut inventer de nouvelles techniques, impossibles à reconnaître, qui ne ressemblent à aucune opération existante pour éviter la puérilité du ridicule, se construire un monde propre, sans confrontation possible, pour lequel il n'existe pas de mesures de jugement, un monde nouveau comme les techniques.
Nul ne doit comprendre qu'un auteur ne vaut rien, qu'il est anormal, inférieur, que comme un ver, il se tord et rampe pour survivre. Nul ne doit le prendre en péché d'ingénuité. Tout doit paraître parfait, fondé sur des règles inconnues, donc, injugeables. Comme un fou, oui. Comme un fou. Verre sur verre, car je ne sais rien corriger et nul ne doit s'en apercevoir. Un signe peint sur un verre corrige sans le salir un signe peint auparavant sur un autre verre. Nul ne pourra croire qu'il s'agit de l'acte d'un incapable, d'un impuissant, mais qu'il s'agit au contraire d'une décision sûre, solide, élevée et presque impérieuse. Nul ne doit se douter qu'un signe réussit par hasard. "Par hasard", c'est horrible. Lorsqu'un signe réussit par miracle, il faut immédiatement le protéger, le conserver comme dans un reliquaire. Personne ne doit s'en apercevoir.
L'auteur est un idiot frissonnant, un petit minable qui vit dans le hasard et le risque, déshonoré comme un enfant, sa vie se réduit à la mélancolie et au ridicule d'un être qui survit dans l'impression d'avoir perdu quelque chose pour toujours.
"



Pier Paolo Pasolini, Théorème.








"- Et ça, qu'est-ce que c'est ?
- Ca, se sont... se sont les nuages.
- Et qu'est-ce que c'est, les nuages ?
- Je ne sais pas !
- Qu'ils sont beaux !
- Ah, déchirante, merveilleuse beauté de la création ! "


Pier Paolo Pasolini, Qu'est-ce que les nuages ?


Pix : Théorème
Bon, j'ai toujours eu du mal avec ses films, mais si quelqu'un m'a jamais laissée le cul par terre, les quatre fers en l'air, le panneau "Ici bouchée monumentale" flanqué sur ma gueule d'ahurie c'est bien lui.

# Online seit Samstag, 07. Juli, 2007 um 22:45

Geändert am Donnerstag, 18. Oktober, 2007 um 10:42

La vie devant soi.

La vie devant soi.

...C'est les chiens qui meurent les plus jeunes chez les hommes. A douze ans, on ne peut plus compter sur eux et il faut les renouveler. La prochaine fois que j'aurai un chien, je le prendrai au berceau, comme ça j'aurai beaucoup de temps pour le perdre. Les clowns seuls n'ont pas de problèmes de vie et de mort vu qu'ils ne se présentent pas au monde par voie familiale. Ils ont été inventés sans lois de la nature et ne meurent jamais, car ce ne serait pas drôle. Je peux les voir à côté de moi quand je veux. Je peux voir n'importe qui à côté de moi si je veux, King Kong ou Frankenstein et des troupeaux d'oiseaux roses blessés, sauf ma mère, parce-que là je n'ai pas assez d'imagination.





[...]





...Je me suis amusé un peu à faire peur aux voitures en passant devant au dernier moment. Les gens ont peur d'écraser un môme et ça me faisait jouir de sentir que ça leur faisait quelque chose. Ils donnent des coups de frein terribles pour ne pas vous faire mal et c'est quand même mieux que rien.





[...]





...Moïse qui n'avait rien à foutre là s'est mis à chialer et c'était tout ce qu'il me fallait.
...- Moïse, qu'est-ce qu'il y a ? On me ment ? On me cache quelque chose ? Pourquoi il pleure ?
...- Merde, merde et merde, les Juifs pleurent toujours entre eux, Madame Rosa, vous devriez le savoir. On leur a même fait un mur pour ça. Merde.
...- C'est peut-être la sclérose cérébrale ?
...J'en avais plein le cul, je vous le jure. J'en avais tellement ralbol que j'avais envie d'aller trouver le Mahoute et me faire faire une piquouse maison rien que pour leur dire merde à tous.
...- Momo ! Ce n'est pas la sclérose cérébrale ? Ca ne pardonne pas.
...- Vous en connaissez beaucoup, des trucs qui se pardonnent, Madame Rosa ? Vous me faites chier. Vous me faites chier tous, sur la tombe de ma mère !





[...]





...Je me suis arrêté devant un cinéma, mais c'était un film interdit aux mineurs. C'est même marrant quand on pense aux trucs qui sont interdits aux mineurs et à tous les autres auxquels on a droit.
...La caissière m'a vu regarder les photos à la devanture et elle m'a gueulé de filer pour protéger la jeunesse. Connasse. J'en avais ralbol d'être interdit aux mineurs, j'ai ouvert ma braguette, je lui ai montré mon zob et je suis parti en courant parce-que c'était pas le moment de plaisanter.
Je suis passé à Montmartre à côté d'un tas de sex-shops mais ils sont protégés aussi et puis j'ai pas besoin de trucs pour me branler quand j'en ai envie. Les sex-shops c'est pour les vieux qui peuvent plus se branler tous seuls.
...Le jour où ma mère s'était pas fait avorter, c'était du génocide. Madame Rosa avait tout le temps ce mot à la bouche, elle avait de l'éducation et avait été à l'école.
...La vie, c'est pas un truc pour tout le monde.





[...]





...- Il faut la transporter à l'hôpital. Elle ne peut pas rester ici. Je vais appeler l'ambulance.
...- Qu'est-ce qu'ils vont lui faire à l'hôpital ?
...- Ils vont lui donner des soins appropriés. Elle peut vivre encore un certain temps et peut-être même plus. J'ai connu des personnes dans son cas qui ont pu être prolongées pendant des années.
...Merde, j'ai pensé, mais j'ai rien dit devant le docteur. J'ai hésité un moment et puis j'ai demandé :
...- Dites, est-ce que vous ne pourriez pas l'avorter, docteur, entre Juifs ?
...Il parut sincèrement étonné.
...- Comment, l'avorter ? Qu'est-ce que tu racontes ?
...- Ben, oui, quoi, l'avorter, pour l'empêcher de souffrir ?
...Là, le docteur Katz s'est tellement ému qu'il a du s'asseoir. Il s'est pris la tête à deux mains et il a soupiré plusieurs fois de suite, en levant les yeux au ciel, comme c'est l'habitude.
...- Non, mon petit Momo, on ne peut pas faire ça. L'euthanasie est sévèrement interdite par la loi. Nous sommes dans un pays civilisé, ici. Tu ne sais pas de quoi tu parles.
...- Si je sais. je suis algérien, je sais de quoi je parle. Ils ont là-bas le droit sacré des peuples à disposer d'eux mêmes.
...Le docteur Katz m'a regardé comme si je lui avais fait peur. Il se taisait, la gueule ouverte. ...Des fois j'en ai marre, tellement les gens ne veulent pas comprendre.
...- Le droit sacré des peuples ça existe, oui ou merde ?
...- Bien sûr que ça existe, dit le docteur Katz et il s'est même levé de la marche sur laquelle il était assis pour lui témoigner du respect.
...- Bien sûr que ça existe. C'est une belle et grande chose. Mais je ne vois pas le rapport.
...- Le rapport, c'est que si ça existe, Madame Rosa a le droit sacré des peuples à disposer d'eux même, comme tout le monde. Et si elle veut se faire avorter, c'est son droit. Et c'est vous qui devriez le lui faire parce qu'il faut un médecin juif pour ça pour ne pas avoir d'antisémitisme. Vous ne devriez pas vous faire souffrir entre Juifs. C'est dégueulasse.
...Le docteur Katz respirait de plus en plus et il avait même des gouttes de sueur sur le front, tellement je parlais bien. C'était la première fois que j'avais vraiment quatre ans de plus.
...- Tu ne sais pas ce que tu dis, mon enfant, tu ne sais pas ce que tu dis.
...- Je ne suis pas votre enfant et je ne suis même pas un enfant du tout. Je suis un fils de pute et mon père a tué ma mère et quand on sait ça, on sait tout et on n'est plus un enfant du tout.
...Le docteur Katz en tremblait, tellement il me regardait avec stupeur.
...- Qui t'a dit ça, Momo ? Qui t'a dit ces choses-là ?
...- Ca ne fait rien qui me l'a dit, docteur Katz, parce-que des fois, ça vaut mieux d'avoir le moins de père possible, croyez-en ma vieille expérience et comme j'ai l'honneur, pour parler comme Monsieur Hamil, le copain de Monsieur Victor Hugo, que vous n'êtes pas sans ignorer. Et ne me regardez pas comme ça, docteur Katz, parce-que je vais pas faire une crise de violence, je ne suis pas psychiatrique, je ne suis pas héréditaire, je ne vais pas tuer ma pute de mère parce que c'est déjà fait, Dieu ait son cul, qui a fait beaucoup de bien sur cette terre, et je vous emmerde tous, sauf Madame Rosa qui est la seule chose que j'ai aimée ici et je ne vais pas la laisser devenir champion du monde des légumes pour faire plaisir à la médecine et quand j'écrirais les misérables je vais dire tout ce que je veux sans tuer personne parce que c'est la même chose et si vous n'étiez pas un vieux youpin sans coeur mais un vrai Juif avec un coeur à la place de l'organe vous feriez une bonne action et vous avorteriez Madame Rosa tout de suite pour la sauver de la vie qui lui a été foutue au cul par un père qu'on connaît même pas et qui n'a même pas de visage tellement il se cache et il n'est même pas permis de le représenter parce qu'il a toute une maffia pour l'empêcher de se faire prendre et c'est la criminalité, Madame Rosa, et la condamnation des sales cons de médecins pour refus d'assistance...





[...]





...Moi je voudrais bien savoir qu'est-ce qui n'est pas sévèrement puni, surtout quand il n'y a rien à punir.





[...]





...- Qu'est-ce que je suis devenue moche, Momo.










Emile Ajar, ou Romain Gary, si vous préfèrez.


Photo : Ben écoutez, c'est la couverture du livre de la bibli et y'a pas marqué de qui elle est ni qui c'est. N'empèche qu'elle est tellement belle que quand je posais le bouquin j'étais obligée de le foutre à l'envers pour pas passer une nouvelle heure à mater la pochette^^

# Online seit Sonntag, 08. Juli, 2007 um 16:50

Geändert am Mittwoch, 19. September, 2007 um 12:29

Un Ailleurs ? Non, c'est tellement Ici qu'on sait plus le voir.

10.07.2007
3h50





Il fait Nuit, de ces nuits-là pleines d'Echos, celles qui se répercutent tant et si bien qu'elles ne font qu'Une. Au dessus de nos têtes, des Traces dorées, pas des Nuages, non, la pollution des Réverbères, il fait nuit et les Cendres dansent dans la Brume. Pas besoin de banc, il suffit de courir pour s'allonger dans l'Oubli. Dans la fuite de l'Ombre, des Lèvres s'entrouvrent et balladent dans les airs des volutes de Poison enfumé, pansement de l'Âme. Quand bien même il y aurait de la Vapeur, elle serait salée de nos Larmes, mais ce n'est pas si simple, le Soleil est mort et le Vent expire ses derniers Souffles en brise fine et brûlante, comme s'il ne devait plus rester au monde que les Gerçures fendues de nos Lèvres, celles-là même qui hurlent dans un Cri silencieux de Fumée. Car nous sommes saouls de Désespoir, et il n'y a plus rien à boire, que cette Brume cendrée qui gémit de Liberté, alors on la boit, et là commencent les Etoiles. Les Etoiles, oui, c'est bien ça, ça ne peut être que ça, à moins que ça ne soit l'Artifice fusant de Détresse d'un bateau qui croûle sous les Vagues chavirées de nos Désirs, à moins que la Lune absente cette Nuit ait explosé en mille éclats de Doutes qui ne brillent plus, que par Peur de se perdre... Voici que le Souffle court nous siffle un terrible Adieu, Adieu le Vent, vois-tu on expire tous un jour, comme si nous ne faisions jamais que ça, expirer un Adieu lancinant à travers la Voie Lactée de l'Infini, le Souffle court, le Souffle court, car nos poumons sont rouillés, le Souffle court, car nous courrons toujours, nos Yeux reflétant les non-dits de l'Eternité s'il en est une, du Vide plutôt, lui qui nous avale, le Souffle court, fait-on jamais autre chose que courir le nez dans l'Espoir de ne pas voir le Mur avant de lui rentrer dedans...

Pix : Requiem For A Dream
Un Ailleurs ? Non, c'est tellement Ici qu'on sait plus le voir.

# Online seit Dienstag, 10. Juli, 2007 um 08:38

Geändert am Samstag, 13. Oktober, 2007 um 04:30

Si ce que l'on tient est une absence.

19.07.2007
01h10





Elle était tellement là, ce visage long au grand sourire fait pour être offert au soleil, car un soleil immense fait briller ses yeux, aux notes mélodieuses de sa voix rauque ses mains dansent et virevoltent dans la lumière, car son rire ignore le vide, car elle a de la vie jusqu'à l'âme, car du rebord de ses lêvres c'est à chaque seconde une nouvelle caverne d'Ali Baba qui nous ensorcelle, elle était tellement là, saviez-vous combien de larmes on peut verser en rencontrant une merveille beaucoup trop semblable à celle qu'on a perdu il y a plus d'un an, on a eu beau se forcer à regarder la vie s'enfuir dans l'agonie d'un dernier lit, on a eu beau essayer de ne pas entendre les gémissements que poussaient les flammes en consumant un corps trop maigre, on a eu beau fermer les yeux lorsque les oreilles se bouchaient, obnibulées par un seul rire éclatant nos tympans, saviez-vous comme on entre facilement dans le jeu des illusions et des fantômes, combien de larmes versées, Anne-Ma, combien de larmes versées ?



"Moi, ce qui m'a toujours paru bizarre, c'est que les larmes soient prévues au programme. Ca veut dire qu'on a été prévus pour pleurer. Il fallait y penser."
Emile Ajar, La vie devant soi.




T'as laissé beaucoup trop de traces.



[ Il est des étincelles qui brûlent trop fort pour ne pas s'essouffler. ]

# Online seit Donnerstag, 19. Juli, 2007 um 11:07

Geändert am Mittwoch, 19. September, 2007 um 12:28